Théologie et vie de l’église en Afrique

Introduction:

L’Afrique est plurielle. Son christianisme l’est encore plus. Les expériences chrétiennes se vivent dans une grande diversité. Cette diversité invite à la prudence lorsqu’il s’agit d’énoncer des principes généraux ou de parler des caractéristiques propres à l’expression de la foi chrétienne en Afrique.

Le thème « théologie et vie de l’église en Afrique » sur lequel nous nous proposons de réfléchir est très pertinent et opportun, car il veut faire ressortir une certaine préoccupation des différents acteurs de la scène spirituelle de l’église en Afrique. Cependant force est de reconnaitre que le thème gagnerait en qualité si l’on disposait de plus de temps et de moyens pour mener des enquêtes plus approfondies sur le terrain. Donc notre tâche consistera à esquisser quelques pistes de réflexion et les débats qui suivront compléteront et enrichiront le dit thème.
Notre présentation va s’articuler autour de six points. Après l’introduction, nous ferons l’état des lieux, puis nous examinerons les lieux d’expression de la théologie. Ensuite nous ferons le tour des théologies en activité. A partir de là nous essayerons de déterminer les raisons du non-impact de la théologie sur la vie de l’église et nous terminerons par les perspectives.

I - De l’impact de la théologie sur la vie de l’église en Afrique : état des lieux.

Cette partie de la réflexion va s’inspirer des grilles de lecture proposées par le théologien congolais Kâ Mana. Le Dr Kâ Mana, en son temps directeur du Centre d’Etude et de Recherche Œcuménique et Sociale (CEROS, Porto-Novo, Benin) a diligenté une étude sur la dynamique de la foi chrétienne en Afrique. L’avantage de cette recherche est qu’elle a couvert beaucoup de pays sur le continent. Il faut souligner que cette dynamique en question était relative au salut. Néanmoins qui dit salut se réfère à l’acquisition de tous les éléments entrant dans la transformation du chrétien et la réception de l’équipement spirituel lui permettant de vivre une vie pleine de sens à même de réaliser le plan de Dieu. Ces grilles sont les résultats de leur recherche interprétés et renommés sous forme de complexes:

* Le complexe de la chicotte ou de l’humiliation
Ce complexe est la résultante du colonialisme avec toutes ses conséquences sur tous les plans : économiques, sociales, politiques et pour ce qui nous concerne spirituelles. C’est le système de l’One up/One down. La domination a crée la peur. La foi chrétienne a été reçue à genou, dans une humiliation totale. Cette humiliation a maintenu les gens dans une résignation et une hypocrisie. Achille Mbembe fait le même constat dans Afriques Indociles. La contrainte est l’antithèse de la vraie foi. On a plus peur de l’homme qui représente Dieu que Dieu lui-même. Une fois l’élément de peur déplacé le chrétien reprend son ancien style de vie si rien d’autre n’est fait entre temps.

* Le complexe d’écrevisses ou la fuite en arrière (ou fuite de responsabilité)
Ce complexe se vit beaucoup plus au Cameroun. Dans cette catégorie d’expression de la foi chrétienne, le discours théologique est très solide et holistique. Cependant c’est dans l’application que se trouve le manque à gagner. La théologie reste une théologie de musée puisqu’elle n’influence pas l’environnement c'est-à-dire la société sur aucun plan qu’il soit politique économique ou social. Il ne se dégage pas une dynamique qui puisse pénétrer et féconder la société dans le but de la transformer comme cela a été le cas des chrétiens dans l’Eglise primitive d’Afrique, ou des protestants en Suisse, en Hollande, dans les pays scandinaves, le Sud de la France et récemment aux Etats Unis . Au Cameroun les chrétiens ont allumé leurs lampes pour la mettre sous le boisseau. Cette attitude chrétienne peut traduire une certaine ambivalence (on veut une chose et son contraire) qui peut déboucher sur une schizophrénie chez les chrétiens. Il est clair que le mal avancera tant que les gens de bien ne font rien. Les chrétiens sont détenteurs des valeurs divines à même de changer la destinée d’un pays. Il faut dire et agir sur tous les terrains de la nation. Sinon ce genre de christianisme nous transforme en griot et nous discrédite aux yeux de l’opinion publique. Si rien n’est fait l’église peut atteindre un niveau d’assèchement spirituel manquant de feedback qui viendrait enrichir ses convictions et sa réflexion.

* Le complexe de la caverne
L’étude a été menée en Centrafrique. Elle a révélé un Evangile qui n’a pas été prêché dans toute son intégralité. L’accent a été mis sur les trésors d’en haut au détriment du rôle socio-politico-religieux de l’église que le chrétien est appelé à jouer comme résultat de son salut. Les conséquences de cette théologie de la caverne est d’avoir produit des chrétiens peu soucieux des enjeux de la promotion humaine. Interdiction était faite de rechercher les choses du monde. Cette vision des choses a porté un coup dur à l’église et l’a mise en retard par rapport à son témoignage qui est marturos, diakonia et koinonia. Dans certain pays et parmi certaines dénominations (ex : le Liberia) le futur serviteur de Dieu avant sa formation, et pour montrer son engagement total vendait ou brulait son champ d’hévéa s’il en avait un et se débarrassait de sa maison si c’était sa propriété personnelle. Ce n’est qu’après avoir rempli toutes ces conditions qu’il pouvait être admis dans un centre de formation pastoral. Au Burkina, la première école primaire a vu le jour dans une tension entre les missionnaires progressistes et les conservateurs rétrogrades. Ces derniers voyaient d’un mauvais œil la scolarisation des enfants indigènes au même titre que les leurs parce que disaient-ils, ils vont devenir orgueilleux et vouloir se « comparer à nous ». Heureusement que le couple missionnaire français qui a réalisé la vision a pu, par le concours de l’histoire s’appuyer sur le secours du gouvernorat français qui gérait le pays. La Haute Volta était une colonie française, les opposants à la scolarisation étant des missionnaires américains. Aujourd’hui ce complexe éducationnel est devenu une référence dans l’enseignement classique dans le pays et au-delà et a été un moyen de salut pour plusieurs qui ont passé par ces établissements.

* Le complexe du reptile ou de la prudence
Cette mentalité chrétienne se manifeste dans un climat à cohabitation équilibriste, qui nécessite une ouverture d’esprit et une sensibilité sociale par rapport aux étrangers et à ce qui est étranger. On est accueillant tout en étant méfiant. C’est une attitude de prudence dans une société à plusieurs composantes ou il faut serpenter pour garder son identité sans nuire à celle de l’autre. « Sage comme une colombe mais prudent comme un serpent ». La complexité de certaines sociétés africaines invite à cette prudence même dans l’expression de la foi. C’est le lieu des compromis sur le non essentiel pour garder l’essentiel. Ce qui est vrai pour le Sénégal en tant que pays ne l’est pas moins vrai pour certains groupes ethniques. La mentalité des desdits groupes requière une attitude particulière pour l’annonce de l’Evangile et le vécu de la foi chrétienne. Notre pensée va à l’ethnie peulh. Il faut manœuvrer socialement pour être chrétien, il faut une contorsion pour le demeurer. Un chrétien peulh au Burkina nous fait la réflexion suivante « il faut féliciter Jésus car il est puissant, par sa grâce un peulh a pu porter le prénom Pascal ». Les premiers missionnaires catholiques tout comme ceux des Assemblées de Dieu au Burkina ont dans un premier temps vu en la tribu Mossi un eldorado pour l’Evangile, « Tout était réuni : la générosité des Mossi, la bienveillance des chefs, la faible influence de l’islam, la bonne disposition du capitaine Ammar fondaient l’optimisme du vicaire apostolique quant au succès du christianisme pour toi ». Mais très vite ils ont déchanté et ils les ont par la suite qualifiés de peuple sans valeurs affichées, dès qu’ils se sont rendu compte que ces derniers faisaient la différence entre l’hospitalité légendaire envers l’étranger et l’acceptation de leur nouvelle religion. Beaucoup de groupes ethniques en Afrique ont accueilli l’étranger sans accueillir obligatoirement son message.

Des résultats de ces recherches nous tirons les conclusions suivantes :

* L’église de l’Afrique précoloniale coloniale et postcoloniale est toujours entrain de chercher ses marques. Elle s’est assez répandue à travers tout le continent cependant elle manque de profondeur, de dynamisme à même d’avoir l’impact qu’elle devait avoir sur la société et dans sa génération.
* Il ya une préoccupation légitime : le centre du christianisme s’est déplacé entre autre en Afrique, l’Eglise africaine est-elle assez outillée pour jouer son rôle de courroie de transmission de cette foi agissante et active à la génération future?
* Cela nous amène à nous poser les questions suivantes : Quels sont les enseignements dispensés? Quels sont les enseignants et quels sont les lieux d’enseignement qui ont produit un tel christianisme ?

II - Lieux d’expression de la théologie

« Il n’y a pas de vie d’église sans théologie en activité » cette déclaration du théologien congolais Tschibangu Tharcisse met en exergue une réalité toute simple, il n’y a pas de rassemblement chrétien où il ne se manifeste pas une théologie. Cette théologie s’articule autour de deux axes principaux : la pratique et l’enseignement. Ces éléments sont présents à chaque étape de la vie de l’église
La pratique comprend l’hymnodie (prière, louange et adoration). L’enseignement est simplement la transmission de la doctrine ou l’explication théorique de la foi. Nous avons retenu trois éléments de ces axes et nous allons essayer de voir quel genre théologies ils véhiculent. Il s’agit de la prière, du chant et de la prédication.

2.1. La prière publique. Dans un contexte de pauvreté, de sous développement et de quête du strict minimum, l’africain s’adresse à Dieu comme il le ferait envers les idoles ou les ancêtres. Dieu est un être utilitaire. Il est le pourvoyeur de ses besoins existentiels. La relation est plus d’intérêt (ce qu’Il peut me donner) que d’amitié ou de reconnaissance envers un Dieu souverain. Les prières ne sont pas orientées vers la gloire de Dieu mais plutôt centrées sur les besoins de l’être qui s’approche de Dieu. Les prières deviennent des cahiers de doléances que l’on présente à Dieu chaque fois que de besoin.
En outre dans une mentalité d’afro pessimisme, la prière au lieu d’être proclamation de la victoire de la croix se transforme en jérémiade, en perpétuelle déclaration de défaite et de défaitisme. La prière qui devait être le lieu de rencontre intime entre le chrétien et son Dieu, rencontre dans laquelle l’individu s’oublie dans une contemplation sublime de la présence de Dieu, au point qu’il ressort de cette présence équipé et prêt à affronter les défis pour son Seigneur, est dévoyée de son sens premier.

2.2. Le chant public:
Paul Balliere a dit : « La musique est le reflet sonore de l’état moral et spirituel d’une civilisation, d’une équipe » et nous ajoutons ou d’un groupe. Pour Tite Tiénou le chant chrétien capte admirablement l’aspiration de l’âme et le soupir poétique . Le chant devait revêtir un caractère didactique. Mais pour se faire il fallait qu’il ait un contenu doctrinal. Or en étudiant de près nos chants, à part les traductions des cantiques européens dont un certain nombre expriment une théologie, le reste de nos chants traduisent effectivement le climat spirituel de nos églises. Nous avons trois types de musique ou de chants :
- Les cantiques traduits avec une musique européenne et datant d’une certaine époque.
- Les chants modernes, parce que composés sur les aires modernes et populaires (Ex : reggae, le rap, pop musique)
- Les chants traditionnels essayant de capter l’aspiration de l’âme et le chant poétique de l’africain dans son groupe donné.
En ce qui concerne les deux derniers types, il se pose des problèmes à deux niveaux.
D’abord au niveau des compositeurs, il manque souvent un fond doctrinal ou théologique. Dans le souci d’être écouté par tous, donc d’être populaire, on occulte l’aspect contenu pour ne retenir que la forme. L’accent est mis sur la mélodie, le rythme et l’harmonie. Le but est de susciter une certaine émotion et non de faire réfléchir. Certains chants de nos vedettes chrétiennes frisent l’hérésie (Ex : Je le loue avec mes mains)
Pour ce qui est des chants relevant de la musique traditionnelle, ils satisfont un certain public, mais là encore force est de reconnaître que la forme peut être lyrique voire même ludique mais le fond prêche un message peu solide.
Il faut souligner qu’au niveau du public, beaucoup de chrétiens refusent une intellection des chants. On ne réfléchit pas sur le contenu du chant on s’intéresse uniquement au rythme et la mélodie, ce qui provoque les émotions.

2.3. La prédication
Dans les années 1953, une étude avait été faite sur la formation des pasteurs et la conclusion a été la suivante « il y a un nombre dangereux de troupeaux sans bergers et un aussi grand nombre de bergers sans bagage, c'est-à-dire, formation théologique et culture générale, ce qui les transforme en colporteurs de sacrements »
On peut dire que par rapport à 1953 les choses ont légèrement évolué. Dans certaines dénominations les responsables ont mis l’accent sur la formation solide des serviteurs, cependant, pour la plupart de ces dénominations, (surtout les milieux pentecôtistes et charismatiques) en Afrique la situation en matière de formation reste identique. C’est généralement des formations très rapides avec de simples éléments doctrinaux de base afin de donner aux postulants au ministère les éléments de base pour les besoins de la cause. Cette approche éducationnelle se répercute dans la prédication car on ne peut donner que ce qu’on a. Les messages doctrinaux sont assez rares. Beaucoup de pasteurs n’ont même pas bénéficié de cours d’exégèse ce qui ne leur permet pas de faire une bonne exégèse d’un texte et y dégager le message conséquent. La prédication devient transversale au lieu d’être verticale. Pourtant les églises en Afrique dans leur majorité se contentent de la prédication comme seul moyen de dispenser l’enseignement. Les prédicateurs sont pauvres en méthodologie. Les résultats aussi sont maigres. Cet état de chose met les chrétiens à la merci des prédateurs de tout genre. Voici les conclusions d’un colloque catholique tenu à Boulogne en 1988 « Les catholiques africains sont bibliquement sous alimentés…ce qui les met à la merci des idéologies et des fables ». Cette remarque est vraie pour toute la chrétienté en Afrique.
L’essence de la prédication est soit l’expression de la foi institutionnelle soit une utilisation des prédications populaires en lieu et place d’une exégèse appuyée des passages bibliques débouchant sur un message conséquent. Cependant ils prêchent, et la question, que prêchent-ils ? Quels sont les enseignements populaires et en activité dont s’inspirent bon nombre des serviteurs en Afrique ?

III - Les Théologies en activité

Les théologiens Latino-Américains, selon Kabasele distinguent 3 types de théologies : la théologie professionnelle, la théologie pastorale et la théologie populaire . Si en Afrique nous ne pouvons pas parler de théologie professionnelle, au moins on peut retenir les deux dernières. Notre intention est de nous attarder sur le dernier concept pour l’appliquer au contexte africain. Parmi les théologies populaires sur le continent, nous pouvons mentionner entre autre :
La Théologie de la prospérité
Souvent aussi appelée l’Evangile de la prospérité cette théologie est très en vogue sinon populaire en Afrique. D’une façon générale notre siècle est marqué d’une part par une obsession pour le matériel, une conjoncture où succès matériel et réalisation du soi sont devenus le but même de l’existence , et d’autre part à (cause de l’esprit postmoderne) par la culture du fait qui invite à des résultats immédiats.
Cette théologie néo-pentecôtiste née aux USA dans les années 195O prône le bien-être physique et l’abondance matérielle comme signe de la bénédiction de Dieu. « Dieu octroie aux siens quand ils font preuve d’une foi confiante et d’une totale obéissance à son égard des bénédictions matérielles (santé, richesse, victoire dans le combat spirituel---) et des bénédictions spirituelles » , c’est une autre compréhension et relecture de certains passages bibliques. Cette théologie est très attirante pour beaucoup de gens et surtout en Afrique et pour cause.
- La précarité, le paupérisme fait que chacun prête une oreille attentive quand on entend proclamer que Dieu va changer la situation matérielle, il va donner nourriture, mobylette, voiture, maison. En un mot tout un chacun verra sa condition matérielle et physique changée ou améliorée.
- Nous croyons à la guérison divine. Elle est biblique. Cependant dans un contexte où on a peu de moyens pour se soigner la guérison divine telle que prêchée par ces théologiens captive. L’un des revers est que certains chrétiens refusent même de se faire administrer des traitements dans les centres de santé attendant mordicus la guérison promise par les prophètes .D’autres en sont morts.
- Les prédicateurs eux-mêmes sont loin d’être les oubliés de cette prospérité. Souvent au lieu d’attendre que la manne tombe du ciel, ils vont la chercher chez les chrétiens. Un pasteur nous a fait cette déclaration « la Bible dit ne nourrit pas son homme, mais le Seigneur a dit, voici ce qui peut améliorer la condition matérielle d’un pasteur. »
- Dans un contexte animiste où l’africain est initié à combattre le mal, le combat spirituel prôné par ces gens relève du déjà vu. Là encore nous insistons pour dire que nous approuvons le combat spirituel tel que nous le décrit la parole de Dieu. Il est à l’aise dans le combat des esprits mauvais qui malheureusement reviennent sous une forme ou une autre. Il n’est jamais certain de la victoire finale.
- Le prophétisme- ce sont des révélations que les prophètes (ministère ou don) reçoivent au sujet d’une situation (présente ou avenir). Elles peuvent concerner des individus ou des groupes. Nous ne nions pas la véracité de certaines prophéties. Malheureusement il y a eu des égarements dans ce domaine. L’exemple le plus malheureux est le cas de la Côte d’Ivoire avec la pléthore de prophètes à la solde du pouvoir.
- La notion de Dieu utilitaire.Dans l’imaginaire africain, Dieu à l’instar des autres divinités n’est pas un être à adorer mais simplement la divinité suprême qui dénoue toutes nos situations à travers ces intermédiaires. On s’adresse à lui uniquement quand on a besoin de lui. Il est présent dans notre sollicitude mais pas dans notre adoration. La notion de contemplation passive est absente puisque Dieu est plus un être à craindre qu’à aimer. Dieu est comme un père qui est là et dont le devoir est de nous satisfaire dans nos besoins mais pas pour être craint ou aimé. Il pourvoit à nos besoins, résout nos problèmes mais il nous garde à distance respectable.

IV - Les raisons d’un manque d’impact

Jusqu’à là nous avons fait l’état des lieux, puis nous avons considéré les moyens d’expression de la théologie, ensuite nous avons passé en revue les théologies en activité, maintenant nous voulons examiner quelques autres facteurs qui obstruent l’impact de la théologie sur la vie de l’église africaine.

4.1. De l’histoire contemporaine de l’Eglise Africaine
Selon Sidebe Semporé: « Nous avons hérité d’une église faite à la hâte pour nous et sans nous » Il a fait cette déclaration dans le cadre de l’Eglise Catholique. Mais toutes les églises chrétiennes en Afrique se reconnaissent dans cette déclaration quand on considère l’histoire récente des missions dans l’implantation des églises.
Nous avons fêté nos cinquante ans d’indépendance. La colonisation n’est pas loin. Autant elle a laissé des séquelles sur le plan économique, politique et géopolitique, autant il y a encore des empruntes indélébiles sur cette Eglise africaine issue de la colonisation et dite indépendante. L’ajustement spirituel tarde à venir. Bien que riche de ses fils, certaines sont encore dépendantes des « églises mères » qui tardent à les sevrer. Les dénominations chrétiennes sont souvent des caisses de résonnance des églises d’Europe sur le plan théologique, financier gouvernemental et administratif.

4.2. L’impact de l’animisme sur les églises africaines.
Le processus, et la méthode d’implantation du christianisme en Afrique n’a pas consister à convertir les africains mais à les christianiser ou à les civiliser. Les africains avaient le choix entre accepter la foi nouvelle ou se faire tuer. L’instinct de survie leur a commandé de se soumettre. La conséquence est que l’ancien ordre n’a pas été remplacé par le nouvel. On l’a simplement dissimulé dans une résignation.
Les indépendances ont changé la donne et cette nouvelle situation a permis de se rendre compte que la symbolique païenne est restée vivante dans l’imaginaire du chrétien africain. S’il y avait conversion, il y aurait eu transformation et changement de cosmogonie ou de paradigme.
Domination politique mais insubordination symbolique selon Achille Mbembe . Les religions païennes, traditionnelles ou animisme ont fait leur résurgence dès lors qu’il y a eu un espace de liberté de penser, d’agir ou d’être en un mot des qu’il y a eu possibilité de faire autrement c'est-à-dire de retenir ou de revenir à l’ancien ordre. Dans une société post coloniale et moderne (sinon post moderne) est-il indiqué de parler de l’animisme surtout de son influence dans notre société au 21es ?
Selon Fabien Ouamba , Pendant longtemps et grâce aux travaux de Taylor et Levy Bruhl l’animisme a été considéré comme la religion des primitifs, des païens, des sans-écritures ou une religion non organisée.
« L’animisme est l’une des croyances les plus difficilement destructible car s’il n’est pas une religion il est une pensée qui structure tout. Il choisit lui-même ce qui lui convient au point qu’il est à l’aise avec les autres. Il est a-dogmatique c’est pourquoi il a une capacité d’absorption d’assimilation et d’adaptation. » Et Ouamba de se demander si le christianisme a répondu aux attentes de l’africain. « Lui a-t-il donné absolue confiance en Dieu et la sécurité dans la vie présente ? Lui a-t-il appris à vivre et lutter pour vivre dans ce monde ou l’a-t-il préparé à l’évasion politique, économique, culturelle, sociale et spirituelle ? L’africain qui vient au culte le matin et va chez le voyant l’après midi n’a pas trouvé toute la solution de son problème à l’église » Il y a persistance de l’animisme dans l’église africaine, Ouamba en est convaincu.
«Nous pensons que la persistance de l’animisme, y compris dans la mentalité de certains chrétiens et dans certaines pratiques de nos églises, sa survivance et même sa résurrection, sont une révélation de sa revanche sur le christianisme…. »
Le théologien écossais Andrew Walls partage la même préoccupation quand il souligne que « La pensée du chrétien continuera à être influencé par ce qui était avant sa conversion, cela est vrai pour les individus que les sociétés »
Les quatre manifestations de l’animisme (la prévention-ou la protection-, l’interprétation, la réparation et la réintégration) se retrouvent autrement exprimées dans la théologie de la prospérité sous la forme d’un transfère illégitime. Les chrétiens veulent savoir ce que leur réserve l’avenir, ils veulent être protégés de leurs ennemis surtout les sorciers et les démons. Pour cela tout évènement survenant dans la vie du chrétien a droit à une interprétation. Et s’il y a lieu il faut réparer par un système de jeûne et prière. Au bout du tunnel il y a restauration suivie de scènes festives.
La peur et le désordre sont des traits distinctifs de l’animisme. Nous retrouvons ces mêmes traits parmi les chrétiens africains ce qui les poussent à une constante incertitude par rapport à leur salut.
Toutes ces données font que selon Anselme Sanon, « les chrétiens stagnent vu que le christianisme ne répond pas à nos besoins fondamentaux : la peur devant l’invisible et l’insécurité » L’animisme est entrain de récupérer en fond ce qu’il a perdu en forme. Il se retrouve dans les grandes villes comme New York ou Paris, Abidjan, Nairobi ou Ouagadougou. Il est vivant et même persistant chez les professeurs d’université, le ministre voire même le président, et malheureusement parmi le peuple de Dieu. Saul a été l’homme choisi par Dieu mais il finit par consulter une magicienne. Ne dit on pas en sociologie que « le papier plié a tendance à garder son pli ». Que devons nous faire pour déjouer tout cela ?

 

V. Perspectives : où aller, que faire, comment faire ?

Pour employer le langage médical, le « tableau est sombre » Mais spirituellement, la situation actuelle est un défi que nous devons relever. Il faut changer le pansement au lieu de panser le changement. Et pour ce faire il faut revoir le contenu et la méthodologie de l’enseignement. La problématique tourne autour de la théoria qui conditionne la pratique qui est praxis et poésis. Cette pratique proche de la poésis antique, se définit comme « tout processus de transformation d’une matière première donnée, déterminée, en un produit déterminé, transformation effectuée par un travail humain déterminé, utilisant des moyens déterminés ». Le travail humain déterminé est notre participation à l’œuvre de salut et de restauration de l’homme en tant que ministre de l’évangile. Les moyens déterminés c’est l’enseignement de la parole de Dieu. En d’autre terme il nous faut adopter l’approche de l’inculturation planifiée.

PERSPECTIVES

Nous pensons que la première et la plus importante des choses est le rapprochement de tous les acteurs afin de mettre en commun leurs expériences et expertises. En sociologie on parle de « proximité spatiale distance sociale ». Cela est une réalité pour les théologies et les théologiens africains. Il manque ce lieu de partage du donné et du recevoir, de stimulation, de correction et d’encouragement pour les acteurs. Chacun travaille dans son propre coin jouit de ces productions sans nécessairement faire profiter aux autres. L’Afrique est toujours victime d’une certaine balkanisation. Elle est regroupée en zones linguistiques protégées (Lusophone, Anglophone, Francophone). Les théologiens africains se connaissent à peine à part les gens d’une certaine génération. L’information ne circule pas. Il y a déficit de communication. Les africains sont beaucoup plus tournés vers l’Europe pour l’écoulement des produits. Et cela est malheureusement vrai pour ce qui concerne les productions théologiques. Cependant Il n’y a que la théologie africaine, c'est-à-dire l’enseignement dans le langage que l’africain comprend, accepte et intègre. C’est ce message qui peut transformer l’africain d’une façon holistique, parce que cette théologie qui prend en compte ses réalités contextuelles le touche dans son essence et lui donne un sens. Mais en plus du fait que cette réflexion théologique souffre de ce que Mbembe a appelé « le fétichisme culturel »,elle n’est pas assez distillée et ventilée pour servir la base.

Il y a un fossé dans la formation entre les écoles bibliques ou pastorales et les facultés de théologie. Il y a une distance. Dans le souci de gagner les âmes perdues beaucoup de dénominations préfèrent les formations rapides et de quantité que de qualité. A l’échelle inférieure les pasteurs ne sont que des colporteurs institutionnels sans fond théologique. Cet état de chose se voit même au niveau des cours dispensés dans les écoles pastorales. La plupart des enseignants se content de reproduire les cours à eux dispensés dans les instituts bibliques en Europe sans possibilité de les contextualiser ou même les actualiser.
Cependant toute la problématique tourne autour de la transmission. Cette problématique préoccupe mêmes certains acteurs de l’enseignement laïc en Afrique. Le professeur Ki-Zerbo par exemple dit que l’enfant en Afrique est une courroie de transmission, d’où la nécessité de l’éducation ou de transmission des valeurs . La transmission dans tous les cas est un défi central pour la théologie. Dans une société en pleine mutation, dans une société dynamique, la question qui se pose est comment transmettre la foi une fois reçue, d’une génération à une autre ? Le concept même pose problème. La foi étant personnelle peut on parler de transmission ? C’est pour cette raison que certains parlent de « construction des savoirs » en lieu et place du concept transmission.

La transmission exige une attention aux interactions entre tradition et modernité. Ex : l’individualisation religieuse vient contribuer à la désinstitualisation du religieux et nuit à la dynamique de la transmission. Le défi de l’éducation se transforme en « technologie des esprits ». Transmettre, comprendre, apprendre, voilà la préoccupation du religieux, du sacré, de la transcendance. Les lieux de transmission sont : la famille, l’église, l’école, les médias, les communautés chrétiennes. Transmettre est un impératif catégorique, car cette foi est menacée d’extinction d’une génération à une autre. Mais comment et par quelle méthode ? Nous pensons que la méthode constructiviste peut aider à résoudre tant soit peu ce problème de la transmission

Le constructivisme/ objectivisme ou méthode traditionnelle

De Jean Piaget à John Dewey, la philosophie constructiviste stipule que les hommes ne peuvent apprendre que ce qu’ils ont construit eux-mêmes . Dans cette approche, l’accent est mis plus sur l’apprenant que l’enseignant. L’apprenant inter acte avec son environnement, conceptualise lui-même et trouve ses solutions aux problèmes posés. L’apprentissage est affecté par le contexte, la croyance et l’attitude de l’apprenant. Cette méthode insiste sur les connaissances qui existaient avant (Prior Knewledge and understanding). L’apprenant doit être totalement impliqué dans le processus d’apprentissage dès la base. Dans la méthode traditionnelle ou objectiviste, l’étudiant est passif dans l’approche constructiviste l’apprenant est actif. En fait il y a là une question épistémologique.

Application

Si nous avons évoqué les deux termes transmission et constructivisme, c’est pour nous permettre d’orienter quelques suggestions à même d’améliorer notre rendement en tant qu’enseignants à quelques niveaux que ça soit pour avoir plus d’impact. Il y a des exemples d’enseignements dispensés ça et là travers le continent en utilisant l’approche constructiviste, les uns connaissant plus de succès que les autres. Nous citerons quelques uns sans être exhaustif.

La méthode Action- Réflexion-Action

Le GBU (Groupe biblique universitaire) a aussi développé des modules d’enseignement à l’aide de la méthode ARA (Action, Réflexion, Action). Cet enseignement est destiné aux différents responsables locaux ou régionaux du GBU. La méthode consiste à venir prendre des cours à leur centre à Abidjan, pendant quelques semaines, puis à retourner dans son terroir, à mettre en pratique l’enseignement, tirer les leçons qui s’imposent, puis revenir pour l’enrichissement. L’étudiant passe plus du temps sur le terrain qu’au centre d’apprentissage. Je pense que certaines facultés de théologies pourraient s’inspirer de cette expérience et créer des modules de formations mobiles permettant aux pasteurs et laïcs qui le veulent de se former théoriquement et pratiquement.

La théologie orale

Un grand nombre de responsables ecclésiastique penchent pour la théologie orale. La philosophie est que, puisque l’Afrique baigne dans l’oralité pourquoi ne pas utiliser l’approche griot pour transmettre la théologie. La société africaine avait ces « maitres de la parole », pourquoi pas l’église ? Une école informelle, là où on n’écrit rien, mais où on communique tout oralement et où on retient énormément par le système de la mémorisation. C’était la méthode pratiquée dans la période néotestamentaire. L’enseignement juif des rabbins se transmettait par l’approche mémorisation. Jésus et ses disciples ont utilisé cette méthode. Cette approche est très prisée dans l’islam. Elle est l’un des éléments qui a permis à l’islam de se répandre mais surtout se solidifier partout où il passe. Elle est différente de la prédication qui, elle est monologue. C’est un dialogue sous la forme de l’arbre à palabre. ANTBA (Association Nationale pour la Traduction de la Bible et l’Alphabétisation) va dans ce sens parce qu’en plus des lectures par groupe de la Bible ou des portions de la Bible elle a développé en collaboration avec l’alliance biblique du Burkina des cassettes audio pour des écoutes en groupes. La mémorisation doit être encouragée en famille et à l’église. Dans l’église de notre village, il était de coutume qu’à l’ occasion du réveillon de Noël, une classe donnée récite tous les versets retenus et mémorisés pendant la leçon de Dimanche de toute l’année. Les parents doivent apprendre aux enfants à mémoriser des versets lors des cultes familiaux. Dans les écoles chrétiennes aussi les responsables devraient mettre l’accent sur la mémorisation des versets car les enfants à un certains âge restent marqués par ce qu’ils ont appris très tôt.

Pratiques nouvelles de théologies pratiques : l’interface

Cette expérience est menée en Belgique sur le site des facultés universitaires de Namur. Au début il y avait 2 pôles de recherche : le pôle de pédagogie et le pôle de philosophie sociale. Plus tard la compagnie Jésus a ajouté le pôle théologique. Ce pôle devait s’atteler aux tâches suivantes :
« Il conviendrait tout d’abord de cerner pourquoi les démarches développées dans l’enseignement religieux et dans la pastorale scolaire apparaissent pourvu de sens et peu incitatrices à l’émergence de personnes spirituelles qui s’engage à transformer le monde pour plus de justice. Il serait urgent de voir comment exprimer la bonne nouvelle de J.C. dans un langage qui puisse plus immédiatement faire sens pour les jeûnes et les adultes de notre sociétés, en rencontrant chacun où il est ».
Dans ce cadre, la théologie se fait hors de son cadre habituel (Instituts, séminaires, facultés théologiques) et elle est faite par des laïcs au lieu du clergé. Elle implique une certaine interdisciplinarité. En plus elle est itinérante. Le centre fournit un service théologique aux différents acteurs du terrain. Cette théologie est près de l’expérience des gens. Elle met à leur disposition des grilles d’interprétation. Nous avons cité cette pratique pour qu’elle puisse servir d’inspiration. Nous avons en Afrique des universités chrétiennes tant catholiques que protestantes qui peuvent en plus de leurs facultés de théologie, initier cette nouvelle façon de faire de la théologie. Ne dit on pas que « La science n’a pas de patrie ? »

Redécouvrir notre histoire

G. de Félice disait, « Toute Eglise qui ne va pas se retremper incessamment à ses sources premières se condamne à périr… Qui ne sait pas cela, que sait- il ? »
L’Eglise africaine a une histoire dont elle doit être fière. L’histoire de la révélation est une histoire qui ne s’est pas faite sans l’Afrique. De l’Ancien en passant par le Nouveau Testament, jusqu’à L’histoire de l’Eglise, le rôle de l’Afrique a été incontestable. Pourtant l’Occident qui malheureusement a écrit notre histoire a sciemment occulté cette part importante que l’Afrique a joué. Tout le bassin du Nil, la Nubie et la Numidie ont été à une certaine époque de la marche de l’Eglise des régions dominées par le christianisme .Oden dit
« Quand je parle –du christianisme africain des premiers siècles- je fais référence à l’ensemble des formes primitives du christianisme qui ont existé au cours du premier millénaire sur les quelque 10 millions de kilomètres carrés que représentent l’Egypte, le Soudan, l’Ethiopie L’Erythrée, la Lybie, La Tunisie, l’Algérie et le Maroc. »
L’Afrique a, en effet donné à l’Eglises plusieurs de ses grands enseignants. Citons pour mémoire Tertullien, Augustin, Origène, Athanase et j’en passe. Leurs œuvres ont non seulement servi de terreau pour tout le christianisme mais en plus elles ont servi a façonné la pensée européenne. D’Alexandrie sont partis des théologiens penseurs qui ont enseigné en Europe et qui ont ainsi changé le paradigme européen. Le pape Victor Ier n’était-il pas originaire d’Afrique ? Nous avons tendance à oublier que l’Eglise Copte d’Egypte et l’Eglise Ethiopienne sont les vestiges de ce christianisme primitif. A un moment donné de leur histoire, le christianisme faisait partie des religions traditionnelles pour beaucoup de ces pays. Il est vrai que la partie concernée était plutôt la partie Nord du continent, cependant force est de reconnaitre qu’à partir de ces régions la majeur partie du continent a été touchée par l’Evangile.
Les fleuves de l’histoire charrient leurs vagues de questions. Que sont devenus les grands centres chrétiens d’Alexandrie, de Carthage et les grandes églises de ces régions ? Et parallèlement à toutes ces zones autrefois chrétiennes et aujourd’hui dominées par l’islam deux églises stoïquement tiennent le bon bout: L’Eglise Copte en Egypte et l’Eglise Ethiopienne en Ethiopie. La différence se trouve dans le phénomène de transmission. D’un coté il y eu un déficit de transmission et de l’autre une volonté affichée d’équiper les chrétiens par la parole de Dieu pour qu’ils puissent faire face eux-mêmes aux différentes épreuves de la vie. Les unes ont été facilement balayées par l’Islam, les autres ont tenu fermes envers et contre tout jusqu’à ce jour.

De nos langues nationales

La rencontre de Cotonou de 2007 était entièrement centrée sur Eglise et Utilisation des Langues Nationales en Afrique Francophone. Le thème a été traité et débattu de long en large. Cependant nous ne pouvons pas ne pas revenir sur cet élément très important dans la vie des peuples.
Dans le phénomène de la mondialisation auquel nous sommes soumis bon gré malgré, les pluralistes pensent que la conservation des langues constituent un des éléments du repli identitaire que chaque peuple pratique pour ne pas être phagocyté par le nouveau monstre.
En plus l’être humain a besoin des sa langue maternelle pour son équilibre psychologique, social et spirituel, car selon le Dr Kenmogne, « les psychologues attestent que la personnalité de l’individu est formé de plusieurs couches ou strates. Et l’individu ne peut être touché dans sa strate la plus profonde qu’à travers sa langue maternelle, langue qui a forgé sa personnalité et sa conception du monde. Cela expliquerait le fossé entre la profession et le vécu de la foi chrétienne dans nos églises ? » D’où la nécessité de traduire la Bible ou des portions dans toutes les langues. C’est ce à quoi Wycliffe, la SIL, l’ABU et leur démembrement dans les différents pays s’attèlent avec un succès évident.
En plus de la traduction se pose le problème de l’appropriation. Le produit est disponible mais qui peut l’exploiter ? Nous savons qu’en Afrique le taux d’analphabétisme est très élevé. C’est pour cette raison que traduction doit rimer avec alphabétisation pour rendre la parole accessible au plus grand nombre de personnes. Dans le temps les églises locales avaient des programmes pour l’alphabétisation et cela d’une manière systématique. Un grand nombre de nos pasteurs ont été simplement alphabétisés. Plusieurs d’entre nous avons appris à lire des portions des écritures dans nos langues avant d’aller à l’école et cela nous a énormément aidés surtout dans la lecture. Malheureusement cette bonne pratique a été abandonnée en faveur des associations et autres organisations étatiques œuvrant dans ce sens. ANTBA au Burkina a un vaste programme d’alphabétisation touchant tout le pays avec des résultats épatants.

Conclusion

A la lumière de nos analyses, nous devenons conscients que la roue de l’histoire tourne, même celle de l’Eglise. De la Palestine en passant par l’Afrique, l’Evangile a atteint les extrémités de la terre. Partout où il passe cet Evangile ne laisse personne indifférent. Le christianisme revient en Afrique. L’Eglise africaine compte plusieurs centaines de millions d’adeptes. Le problème est comment les nourrir les enseigner en faire des disciples à même de transformer leur environnement étant transformés eux-mêmes ? Les réformateurs se sont appuyés sur deux concepts pour mener leur reforme. C’est le Primum Verum qui veut simplement dire, « les vérités sont premières mais il y a eu trahison dans la transmission. » Alors retournons aux sources et découvrons la vérité. L’Eglise primitive africaine pour ce que nous savons d’elle avait en son sein de grands enseignants, et leur enseignement a marqué des générations, même par de là les frontières du continent. L’avenir de l’Eglise réside dans la capacité des ses leaders enseignants à transmettre d’une façon claire et nette la simplicité de l’Evangile dans le but d’avoir les résultats durables. Malheureusement le constat actuel prouve que nous ne sommes pas encore là. Mais nous pouvons y parvenir car le Dieu qui a fait des Augustins des héros de l’histoire fera de nous aussi des transformateurs des hommes par la parole de l’homme de Galilée.

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